Eglise Sainte-Agnès

 

L’église Sainte-Agnès, sur la commune de Maisons-Alfort, a été construite en 1932 dans le style Art déco de l’époque et adopté par les architectes Marc Brillaud de Laujardière et Raymond Puthomme. Ceux-ci et les artistes impliqués dans le décorum de l’édifice ont travaillé en symbiose afin de lui conférer une cohérence de style débouchant sur une harmonie d’ensemble. Elle est classée monument historique depuis 1984 en raison de son intérêt architectural et artistique qui en font l’un des chefs d’oeuvre de l’Art déco.

Les architectes ont naturellement fait appel au béton armé, matériau noble de ce mouvement artistique. Ils se sont inspirés de l’église Notre-Dame de Raincy, construite par les architectes Auguste et Gustave Perret. Auguste Perret est par ailleurs l’architecte de la reconstruction après-guerre de la ville du Havre dont, notamment, l’église Saint-Joseph de même style.

L’extérieur

La statue de Sainte-Agnès, sculptée par Gabriel Rispal, est positionnée juste au-dessus du gâble surplombant le portail d’entrée.

L’église étant bâtie sur un petit espace asymétrique, le clocher et le portail d’entrée sont désaxés. Les 53 mètres du clocher octogonal, surmonté d’une croix en fer forgé de 8 mètres, lui confèrent cet élancement vers le ciel. Le toit se présente sous forme de terrasse, ce qui est plutôt rare pour un édifice religieux. La grille extérieure est réalisée par Raymond Subes, qui a surtout travaillé pour le palais de la Porte Dorée à Paris.

Totalement enclavée et engoncée dans son manteau d’immeubles qui la privent d’un véritable parvis, elle est difficile à photographier (d’autant que je n’avais ni mon équipement photographique ni le temps avec moi). Le terrain accueillait précédemment une modeste chapelle, et encore bien avant un grenier à grains.

La petite histoire raconte que son clocher épouserait la forme d’une bouteille de Suze en hommage à son financeur, Fernand Moureaux, dont la distillerie se trouvait autrefois juste à côté.

L’intérieur

Son espace limité et irrégulier oblige à donner à l’édifice une forme de losange, sans aucune possibilité de transept.

 

Réalisés par Max Ingrand, maître verrier, les vitraux alternent couleurs chaudes et couleurs froides. Ils représentent de nombreux tableaux concernant la Vierge Marie, sainte-Agnès, Jésus, et l’histoire de l’Eglise.

 

La décoration du choeur est en bois doré, également réalisée par Max Ingrand. Le triptyque représente le Christ bénissant les saints et saintes de France.

 

Les fresques ont été peintes par Paule Ingrand, son épouse.

 

Richard-Georges Desvallières est l’auteur de la ferronnerie du baptistère ainsi que des panneaux en cuivre repoussé et de leurs six signes zodiacaux fixés sur les portes du porche d’entrée.

 

Sainte-Agnès

Agnès vient du grec agnê qui signifie pur, dans le sens de chaste. On dit qu’elle fut martyrisée vers 304 à l’âge de 13 ans pour s’être refusée au fils du préfet de Rome. L’agneau qu’elle tient dans ses bras (ou parfois à ses pieds) est l’attribut permettant de l’identifier dans la représentation des différents saints chrétiens.

Son nom a été donnée à l’église de Maison-Alfort, conformément à la tradition de l’époque en banlieue parisienne de donner un nom de saint(e) de l’église primitive pour leur valeur spirituelle.

 

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