Piet Mondrian (1872-1944, né Pieter-Cornielis Mondriaan) est un peintre néerlandais célèbre de l’art moderne, en particulier de l’abstraction. Après une période naturaliste puis cubiste, il se développe à partir de 1917 dans l’abstraction géométrique pure, quasi-spirituelle, selon laquelle le monde se construit à partir de grilles de lignes et de couleurs essentielles. Cofondateur avec Theo van Doesburg, du mouvement De Stijl (« le style »), il valorise les lignes horizontales et verticales, ainsi que des couleurs primaires et les gris (du noir au blanc) ; leur brouille viendra de ce que Theo van Doesburg prônait les lignes obliques et diagonales.
Regarder son travail exige de ne pas chercher à comprendre ce que cela représente mais bien plutôt de s’imprégner de l’espace qu’il écrit avec ses lignes et ses surfaces aux tailles variées, et ses couleurs contrastées aux sens bien déterminés (rouge pour la tension, jaune pour la lumière, bleu pour la profondeur, blanc pour la respiration dans la lecture).
L’harmonie de ses aplats ne tient pas en leur symétrie, mais dans la dynamique de leur asymétrie, soulignée par des lignes séparatives. Il a ainsi influencé le graphisme, le mobilier, l’architecture, jusqu’à la mode.
Cette façade, découverte au gré de mes promenades, n’est pas une œuvre de Mondrian, mais tout y est.

